Le prix d’une application mobile va de 6 000 € à 150 000 €. Un écart de un à vingt-cinq, pour des projets qu’on décrit tous avec la même phrase : « je voudrais une app ». La bonne nouvelle, c’est que cet écart s’explique, et qu’il tient à quatre variables qu’on peut poser avant même de demander un devis.
À retenir. Un POC mobile démarre autour de 6 000 €. Un MVP réellement publié sur l’App Store et Google Play se situe entre 30 000 et 60 000 €. La médiane du marché français tourne autour de 30 000 €. Et la maintenance annuelle représente 15 à 25 % du coût initial, tous les ans.
Les fourchettes par type de projet
Ce qui détermine la tranche, ce n’est pas le nombre d’écrans. C’est ce que l’application doit garantir une fois entre les mains de vrais utilisateurs.
| Type de projet | Budget | Délai |
|---|---|---|
| POC, une seule fonctionnalité | 6 000 à 15 000 € | 2 à 4 semaines |
| MVP publié sur les deux stores | 30 000 à 60 000 € | 3 à 4 mois |
| Application métier ou terrain | 50 000 à 90 000 € | 4 à 6 mois |
| Application complexe | 100 000 à 150 000 € et plus | 6 mois et plus |
| Maintenance annuelle | 15 à 25 % du coût initial | en continu |
La géographie compte aussi. Un projet porté par une entreprise francilienne affiche une médiane autour de 40 000 €, contre 23 000 € dans le reste de la France, à périmètre comparable.
Les quatre variables qui font l’écart
- Le niveau de garantie attendu. Une démo qui tourne sur le téléphone du fondateur et une application utilisée chaque jour par deux cents techniciens en clientèle ne demandent pas le même travail. La gestion des erreurs réseau, la reprise après plantage, la supervision et les tests sur appareils réels sont invisibles dans une maquette et très visibles dans le devis.
- Le back-end. Beaucoup d’applications mobiles sont d’abord un back-end avec une interface tactile. Entre l’authentification, l’API, la base, les notifications et l’administration, la moitié du budget part souvent côté serveur.
- Ce qui touche au matériel et au réseau. Géolocalisation continue, Bluetooth, caméra avec traitement d’image, mode hors ligne, temps réel : chacun ajoute des semaines et des cas limites.
- La stratégie de plateforme. Une seule base de code React Native pour iOS et Android coûte environ la moitié de deux applications séparées en Swift et Kotlin, et cette économie se reconduit chaque année en maintenance.
Le mode hors ligne mérite une mention à part. L’application doit fonctionner sans réseau puis se synchroniser en arbitrant les conflits entre données locales et serveur. C’est le poste le plus coûteux du mobile, avec un budget médian observé autour de 77 500 € sur les projets qui l’embarquent. Indispensable pour une application terrain, superflu pour la plupart des applications grand public.
Vérifier un devis soi-même : jours-homme fois TJM
Un budget mobile est presque toujours un nombre de jours multiplié par un tarif journalier. C’est le calcul le plus utile pour juger une proposition sans être technicien.
| Profil | TJM | Périmètre couvert |
|---|---|---|
| Freelance junior | 320 à 400 € | Développement seul, sur des spécifications déjà écrites |
| Freelance confirmé | 450 à 650 € | Développement et choix techniques, cadrage limité |
| Freelance senior ou lead | 600 à 850 € | Architecture, choix techniques, encadrement |
| Agence spécialisée | 500 à 900 € | Équipe complète : produit, design, développement, tests, publication |
Un MVP mobile demande typiquement 60 à 90 jours-homme, tous profils confondus. À 550 € de TJM moyen, cela donne 33 000 à 50 000 €, ce qui recoupe exactement la fourchette du MVP publié. Un devis très en dessous de cette logique cache généralement un périmètre plus étroit qu’annoncé, ou une équipe junior en première ligne.
Faites le calcul à l’envers sur le devis que vous avez en main : divisez le montant par un TJM plausible. Si le résultat donne quinze jours pour une application publiée sur deux stores avec comptes utilisateurs et back-end, quelque chose ne colle pas.
Les coûts qui commencent après la publication
Trois lignes reviennent chaque année, et la troisième dépasse souvent le développement initial sur trois ans.
- Les comptes développeur. Le programme Apple coûte 99 $ par an, le compte Google Play 25 $ une seule fois. C’est la partie simple.
- Les commissions des stores. Sur les achats intégrés et les abonnements, Apple prélève 30 %, ramenés à 15 % sous un million de dollars de revenus annuels. Google applique 15 % sur le premier million par an, puis 30 %. Sur un modèle par abonnement, cette ligne pèse plus lourd que le développement.
- La maintenance, 15 à 25 % du coût initial par an. Chaque version majeure d’iOS et d’Android demande une passe de compatibilité. Une application laissée sans maintenance dix-huit mois demande souvent une reprise technique lourde avant de repasser les revues des stores.
Comment réduire la facture sans casser le produit
Le levier numéro un est le périmètre du premier livrable, loin devant le choix de technologie. Une application qui fait très bien une chose se livre en deux fois moins de temps qu’une application qui en fait cinq correctement, et les fonctionnalités suivantes se financent avec les retours des premiers utilisateurs.
Ensuite : rester sur une base de code unique sauf besoin très spécifique, repousser le mode hors ligne s’il ne s’agit pas d’une application terrain, choisir une pile largement adoptée pour que le projet reste reprenable par quelqu’un d’autre, et investir quelques jours dans le cadrage. Le vrai gouffre budgétaire, ce n’est pas un TJM élevé, c’est trois mois passés à construire la mauvaise application.
Pourquoi je n’affiche pas de prix de départ
Sur toutes mes autres formules, le prix est public. Sur le mobile, non, et c’est délibéré : entre un POC à 6 000 € et une application terrain à 90 000 €, un « à partir de » ne renseigne personne et trompe tout le monde. Quelqu’un qui lit un plancher construit son budget dessus, et le devis réel arrive trois fois plus haut. La page application mobile annonce donc un prix ferme au devis, après cadrage. Ce qui est annoncé, en revanche, c’est l’entretien mensuel : 125 € par mois, hébergement, base de données, sauvegardes, surveillance et mises à jour de sécurité compris.
Le cadrage, lui, ne coûte rien : trente minutes suffisent à savoir si votre projet est un POC, un MVP, ou s’il n’a pas besoin d’application du tout. Ce dernier cas est plus fréquent qu’on ne le croit, et je le dis quand c’est le cas.
Questions fréquentes
Ai-je vraiment besoin d’une application mobile ?
Souvent, non. Si votre besoin est d’être trouvé, de présenter une offre ou de vendre, un site web coûte cinq à dix fois moins cher et se trouve sur Google, ce qu’une application ne fait pas. L’application se justifie quand il faut des notifications, un usage répété et quotidien, ou l’accès au matériel du téléphone. Le guide des prix d’un site web donne les fourchettes de l’alternative.
React Native est-il moins cher que le natif ?
Oui. Une base de code unique couvre iOS et Android, là où le natif demande deux applications distinctes en Swift et Kotlin. Le surcoût du natif se situe entre 60 et 100 % au développement, et il se reconduit chaque année en maintenance puisqu’il faut corriger deux bases. Le natif garde du sens quand la performance brute est le produit lui-même, par exemple sur de la 3D temps réel.
Quel budget avec un financement serré ?
En dessous de 15 000 €, l’approche réaliste est de valider une seule fonctionnalité sous forme de POC plutôt que de tenter une application complète. Ce format se livre en deux à quatre semaines, s’installe sans passer par les stores, et sert à convaincre des utilisateurs ou des investisseurs. Le reste se finance ensuite avec ce que le POC a prouvé.
Combien de temps avant la mise en ligne ?
Deux à quatre semaines pour un POC, trois à quatre mois pour un MVP publié sur les deux stores, quatre à six mois pour une application métier avec intégrations. La revue d’Apple et de Google ajoute quelques jours, parfois davantage au premier dépôt.
En résumé
6 000 à 15 000 € pour valider une idée, 30 000 à 60 000 € pour un produit publié sur les deux stores, au-delà de 100 000 € dès que l’application doit tenir hors réseau, encaisser des paiements ou gérer du temps réel. Le reste se calcule en jours multipliés par un TJM entre 450 et 900 €. Et le budget se déplace bien plus avec le périmètre du premier livrable qu’avec le nombre d’écrans.
Sources des fourchettes citées, relevées le 1er septembre 2026 : Lonestone, prix d’une application mobile sur mesure et La Fabrique du Net, tarifs des agences mobiles.



